/

Financement

E-boiler cee ind-ut-141

Chaudières électriques industrielles : combien peuvent financer les CEE ?

Financement

Remplacer une chaudière à combustible par une chaudière électrique peut contribuer à décarboner la production de chaleur industrielle. Avec la bonification associée à la fiche IND-UT-141, certains projets bénéficient désormais d’un financement CEE renforcé.

Cette aide peut peser dans la décision d’investissement. Mais le besoin thermique, les capacités électriques du site et les coûts d’exploitation restent à étudier ensemble.

Ce qui change depuis le 27 septembre 2026

L’arrêté du 18 septembre 2026 instaure une bonification pour les opérations IND-UT-141 engagées à compter du 27 septembre 2026.

Le volume de certificats est multiplié par un coefficient qui dépend de la puissance thermique nominale totale des chaudières électriques installées :

Puissance installée, en MW

Coefficient multiplicateur

Jusqu’à 10 MW inclus

α = 3 − puissance installée / 5

Au-delà de 10 MW

α = 1

Le coefficient atteint ainsi 2,6 pour une installation de 2 MW et 2 pour une installation de 5 MW. À partir de 10 MW, le volume n’est plus majoré.

Pour bénéficier de cette bonification, l’opération doit également figurer dans le suivi mensuel transmis par le demandeur de certificats. Cette démarche est à organiser avec le partenaire CEE.

Quels projets peuvent être concernés ?

La fiche vise des chaudières électriques industrielles neuves, d’un rendement d’au moins 99 %, produisant un fluide à plus de 110 °C : vapeur, eau surchauffée ou fluide thermique.

Elle couvre le remplacement de chaudières à combustible ainsi que certains projets sur site nouveau, extensions ou nouveaux besoins. Les puissances doivent respecter les seuils strictement inférieurs à 20 MW définis dans la fiche.

Le point décisif concerne le fonctionnement du réseau : son électrification doit être complète. Conserver une chaudière à combustible pour fonctionner régulièrement en complément de l’électrique relève d’une hybridation, exclue du dispositif.

Un secours à combustible reste possible, sous conditions : consignation, utilisation uniquement en cas d’indisponibilité, fonctionnement limité à 500 heures par an et consommation plafonnée à 8 % de l’énergie finale annuelle des chaudières du réseau.

Avant de chiffrer l’aide, il faut donc comprendre comment les chaudières alimentent les différents usages. Le maintien d’une chaudière gaz pour couvrir les pointes, par exemple, peut remettre en cause l’éligibilité.

Quel financement envisager ? L’exemple d’une installation de 2 MW

Le forfait de base est de 8,6 GWh cumac par MW retenu. La puissance valorisée est plafonnée par le besoin maximal établi dans l’étude et, en remplacement, par la puissance des chaudières remplacées.

Pour un projet de 2 MW entièrement retenus au calcul :

Étape

Résultat

Volume de base

17,2 GWh cumac

Coefficient de bonification

2,6

Volume bonifié

44,72 GWh cumac

Avec une hypothèse de valorisation de 6,8 à 7,8 €/MWh cumac, ce volume représenterait environ 300 000 à 350 000 € de financement CEE.

Cette hypothèse reprend une fourchette indicative publiée par un acteur du financement CEE en 2026. Le montant réellement proposé dépendra notamment du dossier, du calendrier et des conditions du financeur. Il devra être confirmé par une offre dédiée au projet.

Vous souhaitez estimer les CEE mobilisables pour votre projet ? METRIK peut vous proposer un premier chiffrage avec ses partenaires spécialisés.

Vérifier aussi le coût de la chaleur

La prime réduit l’investissement initial. Les dépenses d’énergie, elles, se répètent chaque année.

Avant de retenir une chaudière électrique, trois points doivent être étudiés :

  • Le besoin thermique : températures, pressions, puissance réellement nécessaire, variations de charge et horaires de production.

  • L’alimentation électrique : puissance disponible, transformateur, réseau interne, raccordement éventuel et délais.

  • Le coût global : chaudière, travaux annexes, fourniture d’électricité, acheminement et maintenance.

Un rendement élevé ne garantit pas une chaleur moins chère. La comparaison doit porter sur le coût du MWh de chaleur utile et sur les dépenses annuelles, avec plusieurs hypothèses de prix de l’énergie.

Le dimensionnement mérite aussi d’être questionné. Réduire certains besoins, récupérer de la chaleur ou séparer des usages à différentes températures peut conduire à une installation plus adaptée.

Par où commencer ?

Rassemblez d’abord le schéma des réseaux, les caractéristiques des chaudières, les consommations et les données de fonctionnement disponibles.

La fiche impose une étude préalable de dimensionnement remise à l’engagement de l’opération. Elle prévoit également des mesures de température ou de pression et un comptage électrique au pas de dix minutes, à conserver pendant six ans.

Ces exigences doivent être intégrées dès la conception. Le contrôle porte notamment sur l’étude, les équipements installés et les dispositions prises pour les secours.

Avant de signer un devis ou de passer commande, faites valider l’éligibilité et le calendrier des démarches CEE. Comparez ensuite un budget complet, intégrant les adaptations électriques et le financement envisagé.

METRIK accompagne les industriels dans ce cadrage technique et économique, en lien avec ses partenaires spécialisés pour la valorisation des CEE.

La bonification IND-UT-141 peut faciliter un projet d’électrification. Son intérêt se mesure à l’échelle du site : un besoin bien dimensionné, une alimentation électrique adaptée et un coût d’exploitation soutenable.

En pratique

30 minutes pour cadrer votre besoin et définir la prochaine étape

Un échange court pour clarifier votre contexte, le périmètre et vos priorités.
Vous repartez avec une direction claire : quoi lancer, avec qui, et quelle sera la prochaine étape pertinente.

Visioconférence entre un industriel et une consultante énergie pour cadrer le besoin et définir la prochaine étape.